Histoire de la Famille d'Appérault

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Histoire de la Famille d'Appérault

Message  Dotch le Jeu 16 Sep - 14:21

Le cerf était hors de vue, la végétation était trop dense pour continuer par ici. Un sentier s’ouvrait sur l’est du domaine patriarcal, les cavaliers s’y engagèrent sans hésiter. Ils parcouraient ces terres depuis leur enfance, ils en connaissaient toutes les pierres, les caches et les chemins oubliés des marchands et désertés par les paysans. On pouvait y croiser un ou deux brigands, mais jamais de quoi tenir tête aux Trois Terribles. Le sentier permettait de contourner rapidement le sous-bois, inaccessibles aux chevaux des chasseurs. Le chef de la bande comptait ainsi bloquer la proie avant la petite rivière de l’Aisne et la rabattre sur une anse où le cerf serait à leur merci. Les chevaux lancés au galop eurent tôt fait d’atteindre l’autre coté du bois et talonnèrent le cerf de près. Le premier cavalier lança un pieu qui se planta dans un arbre, passant à un pied de la bête, qui fit une embardée dans la direction opposée à celle voulue par les cavaliers. Le chef de bande invectiva son compagnon, et le troisième lui donna un coup dans les tibias avant de s’écarter pour éviter un coup en retour. Marmonnant contre ses compagnons et son manque d’habileté, il fit demi-tour pour récupérer sa lance. Imprudemment, il baissa les yeux et ne vit pas la branche d’arbre qui semblait être descendu pour le faire chuter de son destrier. Se relevant difficilement il courut après son cheval qui ne l’avait pas attendu pour rejoindre les autres cavaliers.

« Fais un peu attention ! A cause de toi nous l’avons perdu ! C’est la dernière fois que je t’emmène à la chasse, nous revenons chaque fois bredouilles ! »

Arborant une mine grise et mécontente, le chef de la bande foudroya du regard le maladroit chasseur alors qu’il remontait à cheval.

« Nous pouvons encore l’avoir ! N’abandonnons pas ainsi cette chasse, sinon Père nous interdira de ressortir, croyant encore à l’une de vos escapades chez les gueuses de la vallée ! »

Le troisième cavalier s’insurgeait en agitant son arc. Il était le plus jeune des trois chasseurs, mais avait moins fière allure que l’aîné de la bande, qui chevauchait son cheval tel un prince. Ce dernier lui jeta un coup d’œil puis un autre à son frère cadet. Il se racla la gorge et cracha à terre. Sans un mot il fit avancer son cheval, et observa la boue du sentier. Il y décela quelques traces, dans laquelle l’eau tourbillonnait encore, signe du passage récent de la bête.

« Dans cette direction… Et pas question de le rater, ne fais rien sans que je te le dise petit frère. D’accord ? », dit-il sur un ton impérieux au tireur malchanceux. Il ronchonna un coup et tous trois mirent leur cheval en branle à la suite des traces du cerf.

Plus les cavaliers avançaient à la suite du cerf, plus ils s’éloignaient du domaine des Appérault. Le cadet de la bande fit une pause, regarda autour de lui et s’adressa aux deux autres.

« Nous sommes sortis des terres de père, et si nous chassons dans ce domaine, cela va l’irriter ainsi que son voisin, avec lequel il n’est pas en bons termes.
- Je sais bien petit frère, mais si tu n’avais pas raté ton coup, nous n’en serions pas là. Poucet, tu en penses quoi ?
- Si nous n’attrapons rien, se sera pire que d’avoir tué un cerf sur les terres du seigneur de Breuil. Et arrête de m’appeler « poucet », je suis presque un homme maintenant !
- Héhéhé, loin s’en faut louveteau ! Mais tu jappes bien… Continuons la traque, l’animal ne doit pas être loin après cette course. Il doit être épuisé, le sol est lourd pour la course, et la nuit ne tombera pas avant que sonnent les vêpres du couvent St Hubert. Adressons lui une prière au passage, qu’il nous accorde une belle proie en cette soirée d’automne !
- Que de long discours pour rien tu nous fais là », conclus le cadet l’air dédaigneux, avant de labourer les flancs de son cheval pour reprendre la course. Les deux compagnons qui restaient échangèrent un regard amusé, et s’élancèrent à sa suite. Ils débouchèrent assez vite sur une clairière aux herbes hautes, traversé par un sentier peu usité. L’homme de tête entreprit la traversée du découvert avec circonspection, sentant dans l’air comme une odeur de mort planante. Après quelques pas, il appela ses frères à le rejoindre. Devant eux le cerf gisait dans une marre de boue. Il semblait avoir glissé sur cette flaque et s’était brisé une patte arrière. Il haletait bruyamment et jetait des regards apeurés aux trois chasseurs. Ils descendirent de cheval et se mirent en cercle autour de la bête. L’aîné sortant sa lame se pencha autour de la tête de l’animal.

« Voilà qui nous facilite la tâche. Je vais lui entailler le coup pour qu’il se vide de son sang, puis nous le garrotterons et le ligoterons. Poucet, tu le mettras sur ton cheval, tu es le moins lourd… », il jeta en disant cela un regard amusé au petit frère. Celui-ci ne semblait guère goûter à la plaisanterie, ne supportant pas les rabrouements permanents dont le flattaient ses deux frères. Son frère attrapa la tête de l’animal et le cadet l’aida à soulever la bête. Il posa la lame contre le cou du cerf et trancha d’un coup sec. Un flot de sang jailli sur les deux hommes, imprégnant leurs vêtements d’une odeur pestilentielle .Le cadet jura de façon tonitruante au contact du sang chaud et visqueux de la bête. Puis ils se mirent à ficeler les pattes de la bête ensembles avec une corde sortie des fontes du Poucet. Mais alors qu’ils s’apprêtaient à soulever le cerf, un bruit de lame sortant de son fourreau les fit se retourner. Le Poucet encocha une flèche rapidement et tourna son arc vers un jeune homme de dix-huit printemps. Il était habillé pour la chasse, comme les Trois Terribles, mais ne semblait guère leur vouloir que du bien. Il tendit sa dague vers les chasseurs et le cerf.

« Cette bête est à moi, vous n’avez pas le droit de l’emporter, maudits d’Appérault ! Mettez-la sur mon cheval, elle est morte loin de vos terres, sur les miennes ! Et déguerpissez ! »

Ricoh d’Appérault, l’aîné de la famille, se leva et avec un sourire en coin s’adressa au jeune homme.

« Excuse-nous d’avoir été trop loin dans les terres de ton oncle, Benoît de Breuil… Mais cette bête nous a échappé dans les bois de notre père. Nous la ramenons vivement vers le domaine qu’elle n’aurait pas du quitter, bien évidemment.
- De qui te moques-tu, sale engeance ? Laisse ce cerf ici et fais comme les tiens, pars en courant la queue entre les jambes !
- Tais toi imbécile, tu ne sais pas de quoi tu parles. Tu es méprisable, Benoît. Retournes donc pleurer dans les jupes de ton oncle !
- Bâtard fils de bâtard, comment oses-tu t’adressez à moi ainsi alors tu violes mes terres pour ton plaisir de la chasse ? Mes gens ont besoin de ce cerf pour se nourrir, alors que toi non ! Affamerez-tu le peuple, Ricoh ?
- Tu as raison, Offémont est pourvue en nourriture, les gens y sont heureux, nous gérons bien nos domaines pour notre part ! Va-t’en, nous n’avons pas besoin de toi dans nos pattes, nous retournons chez nous avec ce cerf ! »

Le jeune de Breuil se jeta sur Ricoh la dague en avant, et lui entailla le poignet quand celui-ci tenta de parer le fourbe. Il réussi à le rejeter au loin. San Antonio recula pour chercher sa lance accrochée au cheval. Aucun des deux ne fit attention à leur petit frère qui banda son arc, effrayé, pointant sa flèche vers le félon. Quand ce dernier, pris d’une rage féroce contre Ricoh redonna la charge, la corde chanta et la pointe fendit l’air. Le jeune de Breuil s’écroula au sol, le flèche plantée dans la gorge, s’étouffant dans son propre sang. Il ne tarda pas à rendre l’âme. Ricoh banda son poignet en arrachant un pan de son manteau puis s’approcha d’Amro. Il lui prit son arc et se pencha sur lui, un genoux à terre. Il lui passa la main dans les cheveux, l’ébouriffa et lui adressa un sourire en remerciement.
Amro restait les yeux fixés sur le cadavre. Il n’en revenait pas d’avoir tué un homme, le neveu du rival de son père. Il pressentait la colère de celui-ci à l’annonce de la mort de son héritier, et la sanction de son père pour ce meurtre. San Antonio lui tapota l’épaule et lui mit les rênes de son cheval dans les mains. Les deux frères, malgré la douleur au poignet de Ricoh chargèrent le cerf sur le cheval d’Amro, puis ils se mirent en route vers le manoir des Appérault, sur la colline d’Offémont, le domaine de leur père. Le corps de benoît de Breuil fut chargé sur son cheval, qui d’une pique dans les jarrets reprit le chemin des écuries. Ricoh avait pris soin de retirer la flèche et de mettre un foulard autour du cou pour cacher la blessure et freiner le saignement.
Ils n’échangèrent pas un mot avant d’atteindre les écuries paternelles.


Dernière édition par Dotch le Jeu 16 Sep - 14:29, édité 1 fois

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Re: Histoire de la Famille d'Appérault

Message  Dotch le Jeu 16 Sep - 14:28

Terres d'Offémont


Description faite par Lilin de Cassel



Héraldisme
  • Fief : Seigneurie
  • Description : D'azur à l'épée d'argent accostée à dextre d'un lion d'or contourné et à senestre d'un lion d'or.
  • Nom actuel : Offémont.
  • Ancien nom : -
  • Devise : Apperault est imperare orbi universo, Il appartient aux Apperault de régner sur l'univers.
  • Actuel Seigneur : Messire Amro d'Appérault
  • Ancien Seigneur : Messire Arnulf d'Appérault
  • Nom des habitants : -


Généralités historiques
  • Occupation romaine.
  • Fief des seigneurs d'Offémont donné en 1029 par Hugues Capet à Guy de Beaumanoir et vendu en 1524 à François de Montmorency ; passé au début 17ème à Dreux d'Aubray dont la fille épousa le seigneur de Brinvilliers.
  • Le château d'Offémont fut un des laboratoires de poisons de Marie-Madeleine d'Aubray, marquise de Brinvilliers.
  • L'abbaye des célestins de Sainte-Croix-d'Offémont, fondée par Jean de Nesle en 1329, se trouvait dans le domaine d'Offémont.


Vestiges préhistoriques et antiques

Architecture civile
  • Château d'Offémont et communs, parc.
  • Vestiges de l'abbaye Sainte-Croix : entrée, grange aux dîmes, pigeonniers, vestiges des 2 cloîtres et de l'église.


Architecture sacrée
  • Eglise 16ème : nef avec collatéraux éclairés de fenêtres tripartites, chevet à 3 pans, voûtes, façade à 3 portails ; maître-autel de marbre provenant de l'abbaye.


Ressources et productions
  • Bois d'Offémont.
  • Cultures maraîchères.
  • Bovins.

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